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Insight

Isoler un mur par l'intérieur : les conseils d'un expert

Katrien Biesbroeck

Isoler un mur par l’intérieur (l’isolation intérieure) est un sujet qui suscite souvent des questions. Comment le faire correctement ? Quels sont les risques ? Et quels matériaux utilise-t-on le mieux ?

Katrien Biesbroeck d’ Eurabo, experte en matériaux de construction éco, vous donne une réponse claire. Elle partage ses vastes connaissances et ses conseils pratiques en cette matière. Et elle vous explique pourquoi c’est l’une des formes d’isolation les plus délicates.

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Pourquoi choisir l’isolation intérieure ?

Dans certaines situations, l’isolation des murs par l’intérieur est la seule option.
Par exemple :

  • les bâtiments patrimoniaux dont l’aspect de la façade doit être préservé,

  • les habitations avec des trottoirs étroits où l’isolation extérieure n’est pas autorisée,

  • murs d’enceinte avec les voisins.

De plus, l’isolation intérieure est souvent moins chère que l’isolation extérieure.

Mais sachez que l’isolation intérieure est une solution délicate. Les risques d’humidité et une mauvaise approche peuvent causer plus de dégâts qu’elle n’en sauve. C’est pourquoi il est essentiel de suivre les bonnes étapes. Nous distinguons quatre étapes importantes.

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Étape 1 : Analyse de la situation existante

Avant de commencer, vous devez analyser soigneusement l'état de vos murs et de l'espace, seule façon d'éviter les mauvaises surprises.

L’humidité : le grand ennemi

Vérifiez si votre mur ne souffre pas de remontées d’humidité. Les maisons plus anciennes manquent souvent d’une barrière contre l’eau, ce qui permet à l’humidité des fondations de pénétrer dans le mur. Vous pouvez résoudre ce problème par injection dans la paroi ou par une membrane d'étanchéité (mur à rainurer juste au-dessus du niveau du sol).

Tenez également compte d’autres sources d’humidité telles que les éclaboussures du trafic routier, les fuites de canalisations ou la pénétration de la pluie.

Votre mur a-t-il une orientation sud-ouest ? Il doit alors supporter beaucoup de pluie et de vent, ce qui augmente les risques de problèmes d'humidité. Un écran perméable à la vapeur, tel qu'un revêtement en bois ou éventuellement un enduit à la chaux, peut ici constituer une solution.

Mur endommagé

Votre mur extérieur est endommagé, par exemple par le gel ? Vos pierres s'écaillent-elles déjà ? Dans ce cas, l’isolation intérieure peut aggraver la situation.

Il faut également porter un regard critique sur la situation existante à l’intérieur. Les enduits de plâtre ou autres finitions sensibles à l'humidité doivent être soigneusement éliminés au préalable.

Poutres en bois

Avez-vous des poutres en bois qui prennent appui dans le mur ? Vérifiez alors leur état.

  • Est-ce qu’elles pourrissent déjà ? Il faut les remplacer ou les raccourcir puis les fixer à une poutre de renfort.

  • Sont-elles toujours en bon état ? Vous pourrez les conserver, à condition de travailler avec soin.

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Étape 2 : Déterminez votre niveau d'ambition

Quelle épaisseur souhaitez-vous isoler ? Cela dépend de vos objectifs et des éventuelles conditions de subvention.

  • Primes d’isolation : les conditions varient selon la Région, Bruxelles ou Wallonie. Critères: entre autres la résistance thermique (valeur Rd) de l'isolation. Par exemple : une valeur Rd d’au moins 2 m²K/W signifie au moins 8 cm d'isolation.

  • Exigences PEB : les conditions PEB varient selon la Région, Bruxelles ou Wallonie. Des exigences plus strictes s’appliquent souvent aux rénovations majeures. Par exemple, si la valeur U du mur peut être au maximum de 0,24 W/m²K, cela nécessite environ 16 cm d’isolation. Assurez-vous d'avoir suffisamment d'espace intérieur pour une telle épaisseur.

Les termes ci-dessus brièvement expliqués

  • La valeur R exprime la résistance thermique d'une couche de matériau (isolant). Elle indique donc la capacité du matériau à retenir la chaleur. Plus la valeur R est élevée, plus le matériau retient la chaleur et mieux il isole.

  • Le coefficient de transfert thermique U (W/m²K) quantifie la chaleur traversant un élément du bâtiment, divisée par la surface et la différence de température entre les environnements intérieur et extérieur de chaque côté de l'élément du bâtiment.

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Étape 3 : Choisir le bon système d'isolation

Si vous souhaitez isoler le mur de l'intérieur, vous avez le choix entre un système pare-vapeur ou un système perméable à la vapeur. Les deux ont leurs avantages et leurs points d’intérêt.

  1. Système pare-vapeur

Un système pare-vapeur empêche l’humidité de pénétrer dans l’isolant, mais rend son séchage vers l’intérieur plus difficile.

Comment procéder avec un système pare-vapeur ?

  • Montez une structure en bois à 1-2 cm du mur.

  • Remplissez tout l'espace (y compris la cavité de 1 à 2 cm) avec un isolant flexible, tel que Steico Flex.

  • Fixez des panneaux OSB comme pare-vapeur et rendez-les complètement étanches à l'air en scotchant les joints et en reliant les panneaux en haut et en bas à la couche étanche à l'air suivante.

  • Créez une cavité de tuyau pour garder la couche étanche à l’air intacte. Vous pouvez l’isoler avec Métisse isolant laine de coton.

  • Terminez avec une plaque perméable à la vapeur telle que Fermacell.

  1. Système perméable à la vapeur

Un système perméable à la vapeur, également appelé système capillaire actif, permet à l'humidité de migrer à travers le mur, celui-ci pouvant à nouveau sécher. Un système idéal pour les murs anciens car il respecte l'équilibre hydrique. L'humidité est stockée dans la masse des matériaux puis s'échappe à nouveau.

Certains matériaux comme l'isolant en laine de bois ne sont pas entièrement capillaires actifs, mais sont hygroscopiques, ils absorbent la vapeur d'eau de l'air ambiant humide (% HR ou humidité relative élevé) et forment ainsi un « système capillaire actif léger ». Vous les collez avec un mortier colle capillaire actif à base d'argile ou de chaux. Cela permet alors de tamponner l'humidité au lieu des matériaux isolants eux-mêmes.

Comment procéder avec un système perméable à la vapeur ?

  • Retirez complètement tous les plâtres existants ; ils ne sont souvent pas adaptés pour faire face à l’humidité. Le mur doit être parfaitement nu.

  • Appliquez une couche épaisse de mortier de chaux ou d'argile sur toute la surface des panneaux isolants tels que Steico Internal ou Isokurk.

  • Appuyez fermement les plaques contre le mur afin que la colle adhère bien partout.

  • Terminez l'isolation avec une couche d'enduit, également à base de chaux ou d'argile. C'est la couche finale étanche à l'air.

Quelques points importants à noter

  1. Épaisseur limitée de l'isolant
    Dans le cas d'un système perméable à la vapeur, l'épaisseur de l'isolation ne doit pas dépasser 8 à 10 cm. Une épaisseur plus importante augmente le risque de dommages structurels car elle perturbe l’équilibre hydrique.
    Si vous souhaitez respecter des exigences PEB strictes (par exemple 16 cm), vous devez opter pour un système pare-vapeur.

  2. Matériaux alternatifs
    Si vous souhaitez isoler le mur de l'intérieur dans un système perméable à la vapeur et que vous souhaitez une isolation plus épaisse, vous pouvez utiliser des blocs IsoHemp ou une isolation en chanvre chaux. Les blocs de chanvre chaux peuvent absorber beaucoup plus d'humidité et continuer à fonctionner avec des couches d'isolation plus épaisses allant jusqu'à 30 cm.

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Étape 4 : Faire attention aux détails

La finition détermine la réussite de votre isolation intérieure. De petites erreurs peuvent entraîner de gros problèmes tels que des pertes de chaleur et des moisissures.

Portes et fenêtres

Pour éviter les ponts thermiques, isolez les fenêtres avec 2 à 3 cm d'isolant jusqu'à la fenêtre.

Sols intermédiaires

  • Sols en béton : appliquez une fine bande d'isolant sur 50 cm contre le plafond et le sol. Partez du mur, chevauchez 50 cm avec le plafond, à l'étage supérieur vous chevauchez 50 cm sur le sol, puis vous revenez au mur. Donc, un système de retours d'isolant.

  • L'isolation des murs se poursuit au niveau des planchers en bois. Les éventuelles finitions du plafond et du sol sont enlevées sur place. Vous pouvez conserver la même épaisseur. Là encore, raccordez bien l'isolant au mur existant, sans espace. Terminez l'isolation de manière parfaitement étanche à l'air avec des panneaux OSB ou un pare-vapeur en le collant sur les solives du treillis.

Murs intérieurs

Prévoyez 50 cm d'isolation de retour de part et d'autre des murs intérieurs ou utilisez une isolation de base plus épaisse contre le mur extérieur.

Ventilation

Avec une isolation étanche à l'air, la ventilation devient essentielle. La ventilation mécanique assure un climat intérieur sain et de l'air frais. Associée à une bonne étanchéité à l’air, elle évite les pertes de chaleur importantes et les problèmes d’humidité.

En bref : pourquoi, quand et comment isoler son mur par l’intérieur ?

L’isolation intérieure (isoler votre mur de l’intérieur) nécessite une approche bien réfléchie. En analysant soigneusement la situation existante, en choisissant les bons matériaux et en prêtant attention aux détails, vous pouvez rendre la maison plus économe en énergie et plus confortable.

La bonne isolation par l’intérieur commence par un bon conseil

Vous voulez être sûr de choisir la bonne composition et les bons matériaux ? Nos spécialistes vous accompagnent volontiers pour vos questions sur les systèmes ouverts ou freinant à la diffusion de vapeur, l’épaisseur d’isolation, l’étanchéité à l’air et la finition.